LA BOULIMIE

2 juin 2014 by DocSamad

LA BOULIMIE

LA BOULIMIE
Généralement féminine, concernerait environ 2 % des femmes et 4 à 8 % des étudiantes. Cette maladie est de plus en plus médiatisée, car l’idéal de minceur théorique auquel sont confrontées les femmes et auquel les jeunes filles sont hypersensibles, entraîne une pression terrible sur leurs comportements.
La boulimie est décrite très précisément dans sa définition officielle. D’après le DSM IV, bible américaine des maladies mentales, la boulimie se présente de la manière suivante :

A. Présence d’épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée. Un épisode d’hyperphagie incontrôlée consiste en :
1. Des prises alimentaires, dans un temps court, inférieur à 2 heures, d’une quantité de nourriture largement supérieure à celle que la plupart des personnes mangeraient dans le même temps et dans les mêmes circonstances.
2. Une impression de ne pas avoir le contrôle des quantités ingérées ou la possibilité de s’arrêter.
B. Le sujet met en œuvre des comportements compensatoires visant à éviter la prise de poids (vomissements provoqués, prises de laxatifs ou de diurétiques, jeûnes, exercice excessif).
C. Les épisodes d’hyperphagie incontrôlée et les comportements compensatoires pour prévenir une prise de poids ont eu lieu en moyenne deux fois par semaine durant au moins trois mois.
D. Le jugement porté sur soi-même est indûment influencé par la forme et le poids du corps.
E. Le trouble ne survient pas au cours d’une anorexie mentale.
Quelle est l’origine de la boulimie ?
Psychiquement, une jeune fille boulimique paraît bien équilibrée, bien dans sa peau. En réalité, elle joue un rôle et derrière cette apparence, elle est très peu sûre d’elle, elle n’aime pas son corps, son aspect, elle ressent une peur terrible de ne pas être aimée et agit en conséquence, essayant de se faire apprécier, de plaire, au détriment de ses propres aspirations. On pourrait dire qu’elle ne sait pas qui elle est, elle vit sous le regard des autres et n’arrive pas à se construire par rapport à elle-même, étant constamment dans un jugement très défavorable, qu’elle porte sur elle-même ou qu’elle imagine de la part de son entourage. Elle a peur de se montrer telle qu’elle est, imaginant que personne ne serait capable de l’apprécier comme elle est.
Elle cherche donc à maîtriser sa vie en contrôlant son poids qui devient une véritable obsession, et les troubles alimentaires ne sont que la partie visible d’un iceberg. La restriction entraîne des crises de boulimie qui entraînent une honte qui entraîne des restrictions pour compenser, et le cercle vicieux se met en place.
Quelles sont les conséquences de la boulimie ?
Les vomissements abîment les dents qui peuvent se déchausser et cela, à cause de l’acidité du liquide gastrique qui remonte et agresse l’émail. L’estomac tout comme l’œsophage sont irrités eux aussi par ces vomissements répétés.
L’abus de laxatifs, de diurétiques et les vomissements (ces trois facteurs contribuent à éliminer des sels minéraux en trop grande quantité), entraînent un état de fatigue chronique, des crampes musculaires, des difficultés de concentration, une baisse des performances intellectuelles, des règles irrégulières, une perte de cheveux.
La fatigue chronique associée aux troubles psychiques de manque de confiance en soi très profond, sont certainement des facteurs qui expliquent en partie le grand nombre de dépressions associées à la boulimie.
Il n’est pas rare non plus que certaines boulimiques en arrivent à des comportements d’addiction (alcool, médicaments…). Pour certaines, la boulimie elle-même est une sorte d’addiction à la nourriture.
Quels sont les traitements ?
Le premier pas vers le traitement est que la personne boulimique reconnaisse qu’elle est malade et qu’elle a besoin d’aide pour se soigner. Ce n’est pas toujours le plus simple.
Ensuite, deux dimensions sont à prendre en compte. La première, c’est la dimension alimentaire. La personne boulimique a des troubles alimentaires et il est utile de l’aider à bien s’alimenter. Mais cette approche ne suffit pas. En réalité, pour cette personne, le problème alimentaire est la conséquence d’un fonctionnement psychique pathologique. Et c’est plutôt ce fonctionnement qui est à faire évoluer si l’on veut que le comportement alimentaire change.
Les thérapies comportementales sont très utilisées en ce domaine, à condition de ne pas simplement se constitue d’une rééducation alimentaire et d’un apprentissage de l’affirmation de soi et de l’amitié pour soi.
Les groupes de parole sont souvent très bénéfiques. En effet, les boulimiques se sentent honteux de leur comportement et rencontrer d’autres personnes confrontées au même problème les aide énormément.
Les thérapies de groupe vont encore plus loin, associant l’intérêt du groupe au travail sur soi. Elles sont en général un excellent chemin pour guérir en profondeur.
Au total, quand on est vraiment boulimique (les comportements boulimiques sans réelle ‘ maladie boulimique ‘ sont fréquents), il ne faut pas imaginer guérir instantanément. Il faut souvent compter 18 mois pour pouvoir sortir de cet engrenage. En effet, il ne s’agit pas comme on le pense au départ ‘ d’apprendre à se contrôler ‘, mais de changer en profondeur, ce qui demande toujours un certain temps…

Commentaires

  1. bouchra says:

    Merci Doc Samad d’avoir évoqué ce trouble du comportement alimentaire que je connais très bien malheureusement! 

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